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L'hypothèse Gaïa

 Résumé de l'histoire de la Terre              L'Hypothèse Gaïa               Conséquences prédictives

 

 

L'HISTOIRE DE LA TERRE

 

L'Univers dans lequel nous vivons avec ses planètes et ses galaxies est né il y a une quinzaine de milliards d'années environ. Il se produisit un phénoméne explosif appelé Big Bang. Les particules et les atomes apparurent à ce moment-là. Du fait de leur différence de taille et d'énergie les atomes se réunirent, formant des molécules. Les molécules s'aggrégèrent  à leur tour produisant des chaines qui à leur tour grossirent. Comme une boule de neige grossit en dévalant une pente par accumulation de neige.

 

                                                                   Galaxie spirale

 

Les corps célestes apparurent et du fait de l'attraction gravitationnelle il y eu des planètes et des zones de vide interstellaire.Les étoiles, les planètes, furent séparées par des distances parfois vertigineuses, que l'on compte en années-lumière, une année-lumière étant la distance parcourue par la lumière, à 300 000 Km/s, en un an.

 

La Terre était une de ces planètes qui tournent sur elles-mêmes et autour d'un soleil. Et un phénomène inattendu se produisit: la pluie. De la vapeur d'eau échappée à l'extérieur de la planète se refroidit et il se mit à pleuvoir ce qui refroidit la surface de la Terre et l'écorce terrestre se forma ainsi, avec de grandes étendues d'eau. C'était il y a environ 5 milliards d'années. La Terre fut décrite par certains chercheurs comme une planète-miracle, du fait de l'apparition de la pluie. Car sans elle la Vie n'aurait pas pu apparaitre et se développer. 

 

Les premières formes de vie apparurent dans l'eau, des algues unicellulaires. Ces algues rejettèrent de l'oxygéne et du gaz carbonique qui formérent l'atmosphère que nous connaissons aujourd'hui. Les formes de vie évoluèrent; Des végétaux puis des animaux apparurent, de plus en plus complexes, formant des chaines alimentaires.

 

Finalement les mammifères et l'homme surgirent dans le dernier million d'années. Si l'on rapportait l'ensemble de l'évolution du monde et de la Terre à une année comme celles que nous connaissons, l'homme serait apparu le 31 décembre dans la soirée.

 

Ces quelques chiffres mettent en perspective ce que nous avons tendance à oublier. L'homme est d'apparition récente sur la Terre et il s'insère dans une évolution qui dépasse de beaucoup la vision étroite et limitée habituelle qu'il a de lui-même et de la vie. Dans cette démarche d'ouverture et de compréhension de la place et du rôle de l'homme sur Terre, l'hypothèse Gaïa, marqua une prise de conscience remarquable. 

 

 

L’HYPOTHESE GAÏA

Une vision globale de la Terre et de ses habitants

 

Il y a une trentaine d’années, un chercheur Anglais du nom de James Lovelock fut à l’origine   d’une hypothèse scientifique étonnante. C’était un spécialiste de la chimie des atmosphères. Il avait été recruté par la NASA pour mettre au point une ou plusieurs expériences simples afin de détecter la présence éventuelle d’êtres vivants sur la planète Mars.

Il se posa donc la question de savoir ce qui caractérisait la vie et les êtres vivants tels que nous les connaissons sur la planète Terre. A partir de ce questionnement sur la vie et les êtres vivants et la recherche de leurs caractéristiques, il lui apparut une évidence complètement inattendue et surprenante :

la Terre est elle-même un être vivant.

 

 

En collaboration avec l’éminente microbiologiste américaine Lynn Margulis, James Lovelock développa cette idée, le concept de GAÏA, c’est à dire l’hypothèse que la Terre est un organisme vivant auto-régulé. Cette hypothèse repose sur une théorie cybernétique du fonctionnement biogéochimique de l’atmosphère terrestre.

Derrière ces mots scientifiques se trouve une réalité toute simple, comparable au fonctionnement d’un chauffage central de maison dont la température intérieure est contrôlée par des robinets thermostatiques sur les radiateurs.

Quand la température dans la maison baisse, les robinets s’ouvrent et laissent passer l’eau chaude dans les radiateurs. Quand la température des pièces de la maison atteint une valeur-seuil les robinets arrêtent la circulation de l’eau.

Apparemment il fait trop froid sur Mars et trop chaud sur Vénus pour que la vie puisse se développer sur ces planètes, à la différence de la Terre. Mais comment la température à la surface de la Terre est-elle arrivée, et s’est-elle maintenue, entre des valeurs relativement voisines d’une moyenne d’environ 20 degrés celsius ?

De plus non seulement la température mais aussi la composition physique et chimique de l’atmosphère sont d’une constance surprenante. Comment est-ce possible ?

Dans la théorie de Lovelock l’atmosphère terrestre est une production des êtres vivants, végétaux et animaux, qui en contrôlent eux-mêmes la stabilité à long terme. D’une certaine façon les êtres vivants collaborent à la stabilité de l’ambiance terrestre comme les robinets thermostatiques des radiateurs d’un chauffage central.

Le phénomène de serre qui piège la chaleur des rayons solaires dans l’atmosphère est un des mécanismes de régulation les plus connus. Mais il en existe bien d’autres qui assurent la constance des paramètres vitaux pour les êtres vivants tels que la salinité des mers et des océans, la composition de l’air et des sols, pour citer quelques exemples.

Ainsi la Terre ressemble à un immense organisme vivant capable de maintenir par et pour les êtres vivants, humains compris, la stabilité, appelée homéostasie, de son milieu intérieur. Le milieu intérieur de la Terre est constitué par la biosphère, c’est à dire l’ensemble formé par l’atmosphère, les Océans, les sols émergés sur quelques kilomètres d’épaisseur, et les végétaux et animaux qui les habitent.

Les êtres vivants se sont développés suivant le principe que ce qui est déchet pour les uns est nourriture pour les autres. Jusqu’à former en quelques milliards d’années l’ensemble biologique complexe que nous connaissons

Le recyclage est une donnée fondamentale en écologie. Il y a compétition ET coopération entre les formes de vie dans la nature, et pas seulement compétition comme l’homme le croit trop souvent encore.

Selon l’hypothèse GAÏA, du nom grec de la déesse-mère de la Terre, notre planète n’est donc pas un vaisseau spatial mécanique dont nous serions les pilotes et les passagers.

La notion de biosphère qui est maintenant bien connue en raison du développement des idées écologiques, au sens scientifique du terme, ne date en fait que des années 80.

 L’ampleur des pollutions industrielles et domestiques des dernières décennies s’est accompagnée de la prise de conscience par les hommes de leur rôle et de leur responsabilité sur l’ensemble des conditions climatiques et biologiques de la Terre.

L’hypothèse GAIA présente, comme toute théorie scientifique, des aspects prédictifs. Une des prédictions, étonnante, en particulier, est que l’augmentation exponentielle du nombre d’êtres humains à la surface du globe pourrait ralentir et s’arrêter, ce qui a commencé à se vérifier.  

Mais si nous ne faisons rien, dans les années qui viennent, pour modifier l’impact de l’homme sur les conditions de vie à la surface de la Terre, prévient Grégory Bateson, un chercheur scientifique américain, nos chances de survie à brève échéance sont aussi élevées que celles d’une boule de neige exposée au soleil.

Toute civilisation, en effet, qui n’inscrit pas dans ses préoccupations le respect des conditions de vie sur Terre est vouée à disparaître comme une boule de neige au soleil.

Les paris sont donc ouverts sur les chances de survie de l’homme à la surface de la Terre à l’aube de la mondialisation actuelle qui avance inéluctablement.

Serons-nous capables d’adapter à grande échelle la technologie aux nécessités biologiques ? Il en va de la vie et de la survie de l’humanité entière, et pas seulement d’un petit groupe de miraculés à côté d’une majorité de sinistrés.

Si la coopération entre les hommes, le partage des richesses, se met en place, si le gaspillage et le pillage de la planète diminuent, il y a une chance de survie pour l’espèce humaine.

En fait, du point de vue de l’hypothèse Gaïa, nous sommes dans une période de crise mondiale, analogue à une crise de croissance d’un enfant qui deviendrait adolescent. Mais d’un enfant qui aurait les moyens de détruire le territoire dont il tire ses ressources vitales.

Tout risque de se jouer sur le nombre d’êtres humains qui prendront conscience, de l’évolution de la planète, et du rôle que nous avons chacun à jouer dans cette évolution.

Chacun des hommes qui devient vraiment adulte et cesse de se battre contre lui-même, contre ses semblables et contre la nature, devient un facteur d’évolution, de maturation, de paix, pour la planète entière.

C’est le défi à relever. Devenir capable de coopération, de compréhension, d’entraide, et pas seulement de compétition, de rivalité, de bagarre, les uns envers les autres, et vis à vis de la Terre.

                                                                          

              

Conséquences prédictives de l'Hypothèse Gaïa

 

Comme toutes les théories scientifiques l’Hypothèse Gaïa engendre des conséquences prédictives. Si la Terre est un être vivant à part entière elle présente des analogies avec les êtres vivants, végétaux, animaux, humains, que nous connaissons. Une des analogies concerne la démographie humaine. Il semblerait que les êtres humains soient à la Terre ce que les cellules nerveuses sont à un être humain. Dans les années 1970 le club de Rome et les statiticiens de la démographie terrestre ont lancé un cri d’alarme. La population mondiale était en train d’exploser et la surpopulation était imminente. Stabilisée pendant des siècles à quelques millions d’âmes le globe était en train de se couvrir de milliards d’hommes et de femmes, comme un cancer. Une natalité galopante mettait la planète et le monde entier en péril. Or à l’aube du 21 éme siècle il s’avère que la courbe de natalité est stabilisée voire décroissante. Le risque de surpopulation paraît s’éloigner. A la lumière de l’hypothèse Gaïa il semble qu’un phénomène d’auto régulation se soit mis en place. Et ce phénomène ressemble au développement du système nerveux d’un embryon humain. Pendant quelques jours, durant le développement embryonnaire, les cellules nerveuses se multiplient à une vitesse incroyable et cette multiplication ressemble à un cancer en train d’évoluer. Puis soudain la multiplication ralentit et s’arrête. Finalement le nombre de cellules nerveuses se stabilise autour de 100 milliards dans le cerveau humain. Analogiquement il semblerait que la population humaine terrestre soit destinée à se stabiliser autour de 10 milliards d’individus. En effet la courbe de croissance de la population humaine n’est plus exponentielle. Elle a connu un point d’inflexion ces dernières années. Et les projections de la courbe avec les données actuelles amènent à un chiffre d'environ 10 milliards d'individus sur Terre dans les années à venir.

Nous pouvons noter par ailleurs le développement des communication hertziennes, ces denières années. La télévision relayée par satellites, la téléphonie sans fil avec les téléphones portables, les ordinateurs avec le réseau internet, notamment, ressemblent aux interconnexions des neurones d’un être humain. Ces communications se sont développées précisément alors qu'un seuil critique en nombre d'individus avait été atteint, comme un organe qui devient fonctionnel quand il a atteint un degré suffisant de développement. Il semblerait donc que nous soyons à la fois des êtres humains reliés entre eux et le système nerveux planétaire terrestre.

Par ailleurs, en poursuivant l’analogie, les nations interconnectées entre elles seraient comme des organes, foie, rein, rate, estomac, œil, connectés entre eux. Dans cette optique chaque nation avec sa culture propre est à la fois une entité spécifique et un organe ou une partie d’un organisme dans lequel elle est insérée.

 

Le systéme nerveux de Gaïa et son évolution

Les êtres humains sont dotés d'un double systéme nerveux, le systéme nerveux neuro-végétatif biologique et le systéme nerveux central psychologique. En gros le premier systéme, chez les humains, régle les fonctions d'homéostasie, c'est à dire qu'il veille au bon fonctionnement de l'organisme sur le plan des grandes fonctions, respiration, circulation, digestion, excrétion, locomotion, reproduction, tandis que le second systéme s'occupe des relations et de tout ce qui touche à la culture.

Par analogie avec la Terre il est possible que l'augmentation du nombre d'êtres humains sur la planète, analogue à l'augmentation des cellules nerveuses du cerveau d'un embryon humain, corresponde à l'avènement du systéme nerveux central psychologique de Gaïa. Apres une multiplication effrénée la croissance des cellules (les hommes) s'arrête et les interconnections entre les cellules (les hommes) se développent. L'explosion des téléphones portables, de la télévision numérique, des microordinateurs et d'internet, fait vraiment penser à un phénomène de diférenciation d'un systéme nerveux planétaire. Nous serions alors à la fois des individus dotés d'une nouvelle capacité pour nous-même et les agents du systéme nerveux central psychologique de Gaïa.

 

Comme pour tout organisme vivant le développemnt de Gaïa ne va pas sans crise. Et nous vivons actuellement une crise mondiale, sans précédent semble-t-il. Cette crise du monde moderne, selon James Lovelock, pourrait entrainer la disparition de l'humanité au même titre que de nombreuses autres espèces animales qui ont disparu dans le passé. Et la disparition de l'humanité, selon James Lovelock, n'affecterait pas davantage Gaïa, la Terre, que la disparition des autres espèces animales.

 

A la lumière de l'Hypothése Gaïa on peut cependant supposer que l'augmentation du nombre d'êtres humains, si ces êtres représentent vraiment le systéme nerveux central de la planète, analogue au systéme nerveux central et non plus seulement neuro-végétatif d'un homme, correspond à l'avénement d'une nouveauté sans précédent dans l'histoire. C'est l'avénement de la conscience reflexive, de la conscience d'être conscient à l'échelle planétaire. Il s'agirait alors d'un saut évolutif analogue à l'apparition de la vie sur Terre, puis à l'apparition des animaux, ce qui à chaque fois a été un saut vers une organisation de plus en plus complexe et merveilleuse.

Gageons que cette dernière supposition, optimiste, est la bonne. Des indices de plus en plus nombreux le laissent croire.

Nous rejoignons ainsi les théories de non-séparativité de la physique quantique et post-quantique. Rien n’existe dans l’univers qui ne soit relié à l’ensemble dans lequel il est inséré. Et cet ensemble, du fait qu'il est vivant, est en constante évolution vers une plus grande structuration. 

 

  Quelques livres pour en savoir plus :

  • James Lovelock : La Terre est un être vivant. (Ed. du Rocher)
  • James Lovelock : Les âges de Gaïa. (Ed. Robert Laffont)
  • Peter Russel : La Terre s’éveille ; les sauts évolutifs de Gaïa. (Ed. Souffle d’Or)
  • Rupert Sheldrake : La mémoire de l’univers. (Ed. du Rocher)

 

 


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